Von der Leyen propose au Canada un nouveau format de partenariat avec l’Union européenne

L’Union européenne et le Canada pourraient franchir une nouvelle étape dans leur coopération. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé d’examiner la possibilité d’accorder au Canada un statut de « membre associé » de l’UE.

Elle a avancé cette idée le 16 septembre à Strasbourg, lors de son discours devant le Parlement européen, en présence du Premier ministre canadien Mark Carney, rapporte France 24. Un tel statut n’est actuellement pas prévu par les traités européens et constituerait donc un nouveau modèle de coopération avec l’Union.

Le Canada pourrait jouer un rôle particulier dans la sécurité européenne

Ursula von der Leyen souhaite que le futur partenariat dépasse le seul cadre commercial. Selon son idée, l’UE et le Canada pourraient approfondir leur coopération dans les domaines de la défense, de l’industrie, des technologies, des matières premières critiques et de l’Arctique.

La présidente de la Commission a également soutenu la création d’un Conseil européen de sécurité, qui pourrait associer des partenaires extérieurs à l’UE. Le Canada, la Norvège, le Royaume-Uni et l’Ukraine figurent parmi les pays susceptibles d’y participer.

Ce nouveau format viserait à permettre aux pays européens de mieux coordonner leur réponse aux défis sécuritaires, notamment ceux liés à la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, aux cyberattaques, aux actes de sabotage et aux autres menaces hybrides.

Ottawa souhaite lui aussi renforcer ses liens avec l’Europe

La proposition de Bruxelles intervient alors que les relations entre le Canada et les États-Unis connaissent une période de tensions. Après l’échec des négociations commerciales en août, Ottawa et Washington ont continué à s’imposer mutuellement des mesures tarifaires.

Le Premier ministre canadien Mark Carney avait auparavant déclaré que son pays souhaitait construire avec l’Union européenne une « alliance unique », sans pour autant en devenir membre. Dans ce contexte, un statut spécifique pour le Canada pourrait constituer l’une des pistes permettant de donner une forme institutionnelle à ce rapprochement.

Ursula von der Leyen a toutefois insisté sur le fait que ce futur partenariat ne devait pas être dirigé contre un pays tiers. Sa proposition intervient néanmoins alors que les relations du Canada et de l’UE avec l’administration de Donald Trump restent tendues.

Trump menace l’Union européenne de nouveaux droits de douane

Le président américain a réagi vivement à cette initiative. Donald Trump a qualifié l’idée d’« absurde » et averti que si Washington considérait la création d’un tel partenariat comme une démarche hostile, les États-Unis pourraient imposer des droits de douane très élevés ou interrompre complètement leurs échanges commerciaux avec l’Europe.

À Bruxelles, on souligne parallèlement la portée stratégique plus large de la relation avec le Canada. L’UE et Ottawa partagent déjà des intérêts dans plusieurs domaines, notamment le soutien à l’Ukraine, la production de défense, les technologies, les chaînes d’approvisionnement et l’accès aux matières premières.

Une place particulière est accordée à l’Arctique, que Ursula von der Leyen a présenté comme un domaine potentiel de coopération commune. Le débat sur le statut du Canada dépasse ainsi largement les relations commerciales et touche désormais à la construction d’un nouveau modèle de coopération économique et sécuritaire entre l’Europe et ses partenaires proches.

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