Choc politique : LFI étiquetée “extrême gauche” par le gouvernement

Le 4 février 2026, le ministère de l’Intérieur a reclassé La France insoumise (LFI) dans la catégorie « extrême gauche » en vue des élections municipales de mars. Jusqu’alors, LFI figurait parmi les partis de gauche aux côtés des socialistes et des écologistes.

Selon Le Monde, cette décision a suscité l’indignation de Jean-Luc Mélenchon, fondateur de LFI, qui a dénoncé sur X une pratique digne d’une « république bananière ». Il a accusé le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, de « troubler l’ordre électoral public » avec une manœuvre « à la Trump ».

Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a qualifié cette étiquette de « manipulation », tandis que le député Ugo Bernalicis y voit un « acte politique délibéré de déstabilisation ».

Une étiquette aux conséquences politiques

Le nouveau classement rapproche LFI du Rassemblement national (RN), également classé à l’extrême, ce qui pourrait nuire à sa légitimité, notamment en vue de la présidentielle de 2027. LFI a saisi en urgence le Conseil d’État pour contester cette décision.

Le ministère justifie ce reclassement par le comportement parlementaire de LFI : refus de débattre, motions de censure répétées, absence aux réunions gouvernementales. Nuñez affirme « prendre acte de la réalité ».

Des experts, comme le politologue Rémi Lefebvre, notent que LFI est désormais la formation la plus à gauche du paysage politique, surpassant les anciens partis d’extrême gauche comme Lutte ouvrière ou le NPA. Cependant, LFI participe pleinement au jeu démocratique, contrairement aux formations d’extrême gauche traditionnelles.

Jean-Jacques Urvoas, professeur de droit public, souligne que « LFI n’est pas seulement une position politique, c’est aussi une manière d’être ». Il estime que le style combatif de Mélenchon, visant à polariser et mobiliser, justifie cette nouvelle étiquette.

Philippe Marlière, politologue, s’interroge : « Si les socialistes sont ‘de gauche’, est-il juste d’y inclure LFI, qui prône une ‘rupture’ sans la définir clairement ? »

LFI, qui appelle à une « révolution citoyenne » par les urnes, se revendique d’une « gauche de rupture », notamment avec le capitalisme. Mélenchon déclarait en septembre 2025 sur France 2 : « C’est un devoir de se soulever. »

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