L’ancienne directrice de RT France contrainte de quitter le territoire après une décision du ministère de l’Intérieur

Le gouvernement français a ordonné à Ksenia Fedorova, ancienne présidente de RT France, de quitter le territoire. Les autorités estiment que ses activités représentent une menace pour l’ordre public et s’inscrivent dans un contexte plus large de lutte contre les ingérences étrangères. Cette décision intervient alors que la France renforce sa politique de sécurité face aux campagnes de désinformation attribuées à la Russie.

Selon Le Monde, le ministère de l’Intérieur a signé une mesure d’expulsion visant l’ancienne responsable de la chaîne RT France, interdite de diffusion dans l’Union européenne depuis 2022 à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les autorités françaises considèrent que les activités de Ksenia Fedorova dépassent désormais le simple cadre médiatique et relèvent d’une stratégie d’influence portant atteinte aux intérêts fondamentaux du pays.

Une décision fondée sur la sécurité nationale

Le ministère de l’Intérieur s’appuie sur les dispositions du Code de l’entrée et du séjour des étrangers permettant d’éloigner un ressortissant étranger lorsque sa présence constitue une menace grave pour l’ordre public ou la sécurité nationale.

Les autorités n’ont toutefois pas rendu publiques l’ensemble des informations ayant motivé cette décision. Une partie des éléments repose sur des renseignements administratifs qui ne peuvent être divulgués pour des raisons de sécurité.

Le gouvernement souligne que cette mesure ne vise pas une opinion politique, mais des activités considérées comme participant à des opérations d’influence coordonnées au profit d’un État étranger.

RT France au cœur des sanctions européennes

RT France fait partie des médias publics russes suspendus dans l’Union européenne depuis mars 2022. Bruxelles estime que ces médias participent à des campagnes de propagande destinées à justifier l’agression militaire contre l’Ukraine et à déstabiliser les démocraties européennes.

La chaîne française avait cessé définitivement ses activités au début de l’année 2023 après le gel de ses financements et sa mise en liquidation judiciaire.

Depuis lors, plusieurs États européens ont renforcé leurs dispositifs contre les opérations de désinformation, notamment en matière de cybersécurité, de protection des élections et de lutte contre les manipulations de l’information.

Une décision contestée par l’intéressée

Ksenia Fedorova rejette les accusations formulées contre elle. Elle affirme que cette mesure constitue une atteinte à la liberté d’expression et annonce vouloir utiliser les recours juridiques prévus par le droit français.

Ses soutiens dénoncent une décision politique. À l’inverse, plusieurs responsables français estiment que la protection de la sécurité nationale justifie un contrôle renforcé des réseaux d’influence liés à des puissances étrangères.

Cette opposition illustre le débat plus large entre la défense des libertés publiques et la nécessité de répondre aux campagnes de désinformation organisées.

Une stratégie française contre les ingérences étrangères

Depuis plusieurs années, la France multiplie les initiatives pour détecter les opérations d’influence étrangères. Les autorités ont créé des structures spécialisées chargées d’identifier les campagnes de manipulation de l’information et de protéger les institutions publiques.

Le service national chargé de la vigilance contre les ingérences numériques étrangères, plusieurs réseaux coordonnés ont été identifiés depuis le début de la guerre en Ukraine. Ces opérations utilisent des sites internet, des réseaux sociaux et des contenus diffusés dans plusieurs langues afin d’influencer le débat public.

Le gouvernement affirme que l’expulsion de Ksenia Fedorova s’inscrit dans cette stratégie globale. Elle marque une nouvelle étape dans le renforcement des mesures françaises contre les actions considérées comme relevant de l’ingérence étrangère.

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