Les écoliers français peinent davantage à se concentrer : les enseignants expliquent ce qui a changé dans les classes

Les résultats de PISA 2026 montrent une nouvelle dégradation des performances des adolescents français de 15 ans, mais les enseignants voient derrière ces chiffres un problème beaucoup plus large. Selon leurs observations, les élèves ont davantage de mal à rester concentrés longtemps, à travailler sur une tâche sans obtenir immédiatement une réponse et à surmonter seuls les difficultés qu’ils rencontrent.

Le phénomène est visible jusque dans le déroulement ordinaire d’un cours, rapporte France info. Les élèves ont de plus en plus de difficultés à rester attentifs pendant une heure, tandis qu’un travail intellectuel prolongé provoque plus rapidement fatigue et irritation.

La réponse toute faite remplace la recherche

Les enseignants constatent également une évolution dans le rapport des élèves aux exercices difficiles. Lorsqu’une réponse ne vient pas immédiatement, certains perdent rapidement leur intérêt et ne souhaitent plus consacrer de temps à chercher par eux-mêmes.

Les pédagogues font notamment le lien avec la généralisation de l’intelligence artificielle. La technologie est de plus en plus utilisée pour réaliser les devoirs scolaires : selon PISA, 68 % des élèves utilisent l’IA au moins une fois par an pour préparer une première version d’un texte.

L’OCDE relève toutefois une tendance intéressante : les meilleurs résultats en sciences sont obtenus par les élèves qui n’utilisent pas ou utilisent très peu l’IA.

Les téléphones se font sentir dès le lendemain matin

Les enseignants pointent également du doigt le mode de vie des adolescents. Les réseaux sociaux, les vidéos et les autres services numériques occupent une part importante de leur temps, y compris le soir et pendant la nuit.

Selon les données du Centre national du livre en France, les jeunes âgés de 16 à 19 ans passent en moyenne 5 heures et 6 minutes par jour devant des écrans.

Pour les enseignants, la conséquence est évidente : une partie des élèves arrive en classe fatiguée, ce qui affecte directement leur capacité à assimiler les cours et à rester actifs tout au long de la journée.

Après la pandémie, les difficultés psychologiques se sont ajoutées

Les enseignants observent également les effets persistants de la pandémie de Covid-19 sur les élèves. Ils évoquent une hausse des cas de phobie scolaire, d’anxiété et d’états dépressifs.

Les enseignants français refusent toutefois de conclure que la génération actuelle serait simplement devenue moins capable. Certains ne constatent pas de baisse particulière dans les notes de leurs élèves et soulignent au contraire leur curiosité ainsi que leur intérêt pour les questions de société.

Certains indicateurs sont même positifs. En 2025, 61 % des élèves de sixième en France étaient capables de lire 120 mots par minute, contre 53 % quatre ans auparavant.

Ainsi, les résultats de PISA sont davantage perçus par les enseignants français comme un signal révélant une évolution des comportements d’apprentissage que comme la preuve d’un déclin général des capacités des élèves. La nouvelle génération évolue dans un environnement informationnel différent, et l’école doit désormais apprendre à s’adapter à cette nouvelle réalité.

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