Strava a révélé les coordonnées : comment une application de fitness a divulgué la position du porte-avions français

La France s’est retrouvée sous les projecteurs après que l’utilisation de l’application de fitness Strava par un officier de la Marine a permis à des journalistes de localiser le porte-avions Charles de Gaulle en mer Méditerranée, rapporte AP.

L’incident s’est produit lors d’un jogging matinal ordinaire : l’enregistrement de l’activité avec la géolocalisation activée a laissé une trace numérique facilement exploitable.

Réaction de Paris : « des mesures appropriées sont prises »

Le porte-parole des forces armées françaises, le colonel Guillaume Vernet, a confirmé que de tels comportements vont à l’encontre des consignes de sécurité en vigueur.

Selon lui, les militaires sont régulièrement sensibilisés aux risques liés à l’utilisation d’appareils connectés, notamment des applications intégrant la géolocalisation. À la suite de l’incident, le commandement a lancé une réaction interne et un réexamen des procédures.

Comment les journalistes ont localisé le porte-avions

Une enquête publiée par le journal Le Monde a montré qu’une activité enregistrée sur Strava le 13 mars avait permis d’estimer les coordonnées du navire.

Ces données ont ensuite été croisées avec des images satellites, permettant d’identifier précisément la position du porte-avions en mer.

Contexte : opération en Méditerranée

Au moment de l’incident, le Charles de Gaulle était déployé dans la région, assurant la protection des intérêts de la France et de ses alliés dans un contexte de tensions accrues impliquant l’Iran.

Bien que le déploiement du porte-avions ne soit pas classifié, la géolocalisation précise en temps réel d’un navire de guerre constitue une information sensible.

Un problème récurrent à l’échelle mondiale

Des incidents similaires ont déjà eu lieu par le passé. Les données de Strava ont à plusieurs reprises permis de révéler l’emplacement de bases militaires américaines en Afghanistan et en Syrie via les « cartes de chaleur » d’activité.

Ce cas souligne une fois de plus que les habitudes numériques des militaires peuvent engendrer des risques majeurs pour la sécurité, même en l’absence d’intention de divulguer des informations sensibles.

Retour en haut