Chômage : les nouvelles statistiques révèlent une dégradation modérée du marché du travail

Le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a de nouveau progressé au deuxième trimestre 2026. Après un léger recul en début d’année, les inscriptions en catégorie A à France Travail augmentent de 0,8 %. Cette évolution confirme un marché du travail moins dynamique, même si plusieurs changements statistiques invitent à nuancer cette hausse.

Selon l’Associated Press, qui s’appuie sur les données publiées par la Dares et France Travail, la France comptait 3,323 millions de demandeurs d’emploi en catégorie A, hors Mayotte, à la fin du deuxième trimestre. Toutefois, les autorités rappellent que les nouvelles règles issues de la réforme du plein emploi continuent d’influencer les statistiques. 

Une hausse qui reste limitée

La progression de 0,8 % représente environ 25 000 demandeurs d’emploi supplémentaires par rapport au trimestre précédent. En revanche, si l’on corrige les effets des changements méthodologiques introduits depuis 2025, la tendance apparaît plus favorable.

Les spécialistes de la Dares estiment ainsi que l’évolution sous-jacente du marché du travail serait légèrement orientée à la baisse. Cette différence provient notamment de l’inscription automatique de nouveaux publics à France Travail dans le cadre de la réforme du plein emploi. 

La réforme continue de modifier les statistiques

Depuis 2025, les bénéficiaires du RSA, certains jeunes accompagnés par les missions locales et d’autres publics sont progressivement intégrés au suivi de France Travail. Cette évolution élargit le nombre d’inscrits sans traduire systématiquement une détérioration de l’emploi.

Par ailleurs, les modalités d’actualisation des dossiers ont également changé. Les comparaisons avec les années précédentes nécessitent donc une lecture prudente. Les économistes privilégient désormais des séries corrigées afin d’évaluer l’évolution réelle du chômage. 

Un marché de l’emploi qui ralentit

Malgré cette correction statistique, plusieurs indicateurs montrent un ralentissement de l’activité économique. Les entreprises recrutent moins rapidement dans certains secteurs et les créations d’emplois marquent le pas.

Cependant, le marché du travail conserve une certaine résilience. Les difficultés de recrutement persistent dans plusieurs métiers, ce qui limite pour l’instant une dégradation plus marquée de l’emploi. Les économistes restent donc prudents sur les perspectives des prochains mois. 

Les prochains trimestres seront déterminants

L’évolution du chômage dépendra largement de la croissance économique, de l’investissement des entreprises et des politiques publiques en faveur de l’emploi. Les prochaines publications permettront de distinguer plus clairement les effets de la conjoncture de ceux liés aux réformes administratives.

Pour les pouvoirs publics, l’objectif reste d’améliorer durablement l’accès à l’emploi tout en poursuivant la transformation de France Travail. Les prochains indicateurs seront donc particulièrement suivis afin d’évaluer l’efficacité des dispositifs mis en place. 

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