Le projet Cigéo de stockage souterrain des déchets radioactifs vient de franchir une étape majeure près de Bure, dans la Meuse. La commission chargée de l’enquête publique a rendu un avis favorable au projet. Cette décision ne vaut toutefois pas autorisation définitive et plusieurs conditions restent à examiner.
D’après l’AFP, la commission d’enquête a rendu un avis favorable assorti de deux réserves et de deux recommandations. L’enquête publique s’est déroulée entre mai et juillet 2026. Cette procédure constitue une étape indispensable avant une éventuelle autorisation gouvernementale.
Cigéo prévoit un stockage à 500 mètres sous terre
Le projet vise à stocker profondément les déchets radioactifs français les plus dangereux. Les installations seraient construites à proximité de Bure, à la frontière entre la Meuse et la Haute-Marne.
Le principe repose sur un enfouissement à environ 500 mètres sous terre. Le sous-sol argileux doit limiter la circulation des substances radioactives pendant une très longue période.
Le projet concerne environ 83 000 mètres cubes de déchets. Ceux-ci proviennent principalement de l’industrie nucléaire française. Certains resteront fortement radioactifs pendant des centaines de milliers d’années.
Ainsi, Cigéo doit répondre à l’une des questions les plus complexes du programme nucléaire français : le devenir à très long terme des déchets les plus dangereux.
Un avis favorable mais pas un feu vert définitif
La conclusion de l’enquête publique représente une avancée administrative importante. Cependant, elle ne signifie pas que les travaux principaux peuvent commencer immédiatement.
Les préfectures de la Meuse et de la Haute-Marne ont confirmé l’achèvement de la procédure. La commission a également formulé des réserves et des recommandations. Celles-ci devront être prises en compte dans la suite du dossier.
Le projet reste soumis à un processus réglementaire particulièrement long. L’autorisation de création relève finalement du gouvernement après instruction du dossier par les autorités compétentes.
En outre, les différentes étapes devront vérifier la sûreté du stockage sur des périodes exceptionnellement longues.
Un projet débattu depuis plus de trente ans
Cigéo reste l’un des projets industriels les plus controversés du pays. Ses partisans considèrent le stockage géologique profond comme la solution la plus réaliste pour isoler durablement les déchets radioactifs.
Les opposants soulèvent cependant plusieurs questions. Ils s’interrogent notamment sur la sécurité du site, la réversibilité du stockage et les conséquences pour les générations futures.
La durée constitue une difficulté particulière. Les décisions prises aujourd’hui doivent rester pertinentes sur des périodes qui dépassent largement l’échelle habituelle des politiques publiques.
Par ailleurs, le projet transforme profondément le territoire autour de Bure. Les infrastructures, les transports et l’activité économique locale sont directement concernés.
Un enjeu stratégique pour la politique nucléaire
Le dossier prend une importance supplémentaire alors que la France maintient une place centrale au nucléaire dans sa politique énergétique. Le pays exploite l’un des plus grands parcs de réacteurs au monde et prépare de nouvelles capacités.
Cette stratégie produit cependant des déchets qui doivent être gérés sur le très long terme. Cigéo devient donc un élément essentiel de la cohérence du modèle nucléaire français.
Une éventuelle autorisation ne mettrait pas fin au débat. La mise en service du stockage n’est pas prévue à court terme. Les premières opérations industrielles doivent encore passer par de nombreuses étapes techniques et réglementaires.
L’avis favorable marque néanmoins un tournant. Après plusieurs décennies de préparation et de controverses, le projet se rapproche désormais d’une décision politique déterminante.
