À Kyiv, les attaques de drones bouleversent le quotidien et font craindre un nouvel hiver difficile aux habitants

Kyiv a connu mercredi 23 septembre une nouvelle journée marquée par des attaques de drones russes et de longues alertes aériennes. Deux personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées, tandis que plusieurs infrastructures civiles ont subi des dégâts. Des problèmes d’accès à Internet ont également touché une partie de la capitale et de sa région. Pour les habitants, la guerre perturbe ainsi de plus en plus les gestes ordinaires du quotidien.

Selon Reuters, environ 100 000 foyers de Kyiv et de sa région ont rencontré des problèmes de connexion après les frappes. Des équipements de centres de données ont été endommagés et des équipes techniques ont commencé les réparations. Cette perturbation prend une importance particulière en temps de guerre, car Internet sert aussi à recevoir rapidement les informations liées aux alertes aériennes.

Les attaques de drones touchent le quotidien à Kyiv

La capitale a subi plusieurs vagues d’attaques au cours de la journée. Des stations-service, des installations ferroviaires, des commerces, des bureaux et des véhicules ont notamment été endommagés.

La Police nationale ukrainienne faisait état dans l’après-midi de deux morts et de 36 blessés. Le bilan a toutefois continué d’évoluer au fil des interventions des secours. Par ailleurs, les autorités ont signalé plusieurs incendies. Dans le district de Darnytsia, une infrastructure de transport a été touchée. Une station-service a également pris feu.

Dans le district de Holossiïvsky, un drone a endommagé une autre station-service. Des bâtiments professionnels ont aussi été touchés.

Internet et transports deviennent des enjeux de sécurité

Les conséquences dépassent les dégâts matériels. Une interruption des télécommunications peut compliquer l’accès aux alertes, aux informations officielles et aux services numériques.

Le ministère ukrainien de la Transformation numérique a indiqué que les techniciens travaillaient au rétablissement du réseau. Cependant, aucun délai précis n’était initialement annoncé pour un retour complet à la normale.

Les transports ont également subi des perturbations. Plusieurs trains ont accumulé du retard et le service ferroviaire circulaire de Kyiv a été temporairement suspendu en raison du niveau de menace.

Ainsi, une attaque peut désormais perturber simultanément le travail, les déplacements et les communications. Cette situation pèse directement sur l’organisation quotidienne des habitants.

161 drones lancés pendant la nuit

L’ampleur de l’attaque apparaît également dans les données militaires ukrainiennes. La Russie a lancé 161 drones de différents types à partir du soir du 22 septembre. Les défenses ukrainiennes ont annoncé avoir abattu ou neutralisé 119 drones, ainsi que trois autres appareils de type Banderol ou Dan-T.

Des impacts ont néanmoins été enregistrés sur 18 sites. Des débris d’appareils interceptés sont également tombés à plusieurs endroits.

La région de Kyiv subit une pression particulièrement forte depuis plusieurs semaines. Les attaques ne se concentrent plus uniquement pendant la nuit. Elles peuvent désormais se poursuivre pendant la journée, ce qui complique davantage le fonctionnement des écoles, entreprises et transports.

L’hiver devient la principale inquiétude

La multiplication des frappes intervient à quelques semaines du début de la saison froide. Or les infrastructures énergétiques ukrainiennes restent fragilisées par les attaques précédentes.

La Commission d’enquête de l’ONU sur l’Ukraine a alerté le 21 septembre sur les conséquences humaines des attaques répétées contre les installations énergétiques. Pendant l’hiver 2025-2026, des millions de personnes ont subi des coupures d’électricité ou de chauffage.

Certaines habitations sont restées froides pendant de longues périodes. Les coupures ont aussi perturbé l’approvisionnement en eau et le fonctionnement des ascenseurs, ce qui affecte particulièrement les personnes âgées et handicapées.

En outre, les organisations humanitaires préparent déjà l’hiver 2026-2027. Leur plan vise 2,1 millions de personnes vulnérables et prévoit des aides pour le chauffage, la réparation des logements, la santé, l’alimentation et les besoins essentiels.

Une vie quotidienne de plus en plus difficile à organiser

Pour les habitants de Kyiv, le problème ne se limite donc plus aux heures passées dans les abris.

Les alertes peuvent interrompre un trajet vers le travail. Les commerces peuvent fermer temporairement. Les enfants doivent rejoindre des espaces protégés pendant les cours. Une coupure d’Internet ou d’électricité peut ensuite empêcher de travailler ou de communiquer.

Cependant, la vie quotidienne continue. Les transports reprennent après les alertes, les techniciens réparent les réseaux et les services municipaux interviennent après chaque attaque.

À l’approche de l’hiver, la question centrale devient désormais celle de la résistance des services essentiels. La capacité à maintenir le chauffage, l’électricité, Internet et les transports déterminera directement les conditions de vie de millions d’Ukrainiens pendant les prochains mois.

Défiler vers le haut