L’ancien Premier ministre français et candidat à l’élection présidentielle Édouard Philippe a présenté sa vision de la réforme des retraites. Il propose de porter progressivement, en moins de dix ans, l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans, tandis que la durée de cotisation requise atteindrait 45 ans.
Cette proposition prévoit de revenir aux dispositions de la réforme des retraites de 2023, dont l’application a été suspendue en 2025. L’âge légal de départ à la retraite est actuellement fixé à 62 ans et 9 mois, rapporte France 24.
Une mise en œuvre progressive
Selon le projet d’Édouard Philippe, la première étape consisterait à rétablir la trajectoire prévue par la réforme de 2023, jusqu’à atteindre un âge légal de 64 ans et une durée de cotisation de 43 ans. Ces paramètres seraient ensuite progressivement relevés jusqu’à 65 et 45 ans respectivement.
Le responsable politique justifie cette évolution par la nécessité de garantir l’équilibre à long terme du système de retraite par répartition face aux défis démographiques et financiers. Édouard Philippe défend depuis plusieurs années l’allongement de la durée de la vie professionnelle, même s’il avait assoupli en 2026 son discours concernant l’instauration d’un âge unique de départ à la retraite.
Un départ anticipé pour certaines catégories
Le dispositif proposé ne reposerait pas sur des règles identiques pour l’ensemble des salariés. Édouard Philippe estime qu’environ un tiers des Français pourraient cesser leur activité avant 65 ans, entre 60 et 64 ans.
Cette possibilité concernerait notamment les personnes ayant commencé à travailler très jeunes, celles exerçant des métiers physiquement pénibles ou celles dont l’état de santé ne leur permet pas de poursuivre leur activité jusqu’à l’âge légal.
Des dispositifs spécifiques de départ anticipé seraient également maintenus pour les personnes en situation de handicap, atteintes d’une incapacité permanente ou justifiant d’une longue durée de cotisation.
Un volet de capitalisation en complément du système par répartition
Autre élément du projet : l’introduction d’un volet de capitalisation. Le système par répartition resterait le socle des retraites françaises, mais les salariés pourraient en complément constituer une épargne à travers un dispositif de retraite par capitalisation.
Édouard Philippe souhaite rendre ce mécanisme accessible à l’ensemble des Français et en faire un outil compétitif d’épargne à long terme. Son programme avait déjà évoqué la possibilité de consacrer 10 à 15 % du système à cette composante par capitalisation.
Un rôle renforcé pour les partenaires sociaux
Une autre partie de la proposition concerne la gouvernance du système de retraite. Édouard Philippe souhaite renforcer le rôle des syndicats et des organisations patronales dans la définition de son équilibre financier.
Une fois la situation financière du système stabilisée, les partenaires sociaux pourraient, selon son projet, disposer de compétences élargies pour assurer sa gestion courante.
La réforme des retraites constitue l’un des principaux enjeux économiques de la campagne présidentielle française. La proposition d’Édouard Philippe combine allongement de la durée d’activité, possibilité de départ anticipé selon les situations et développement de la capitalisation, tandis que ses concurrents défendent d’autres modèles d’organisation du système de retraite.
