Le capitaine du vol Flydubai FZ 1073, Smith Machchar, s’est retrouvé au cœur de l’attention après un incident à bord qui aurait pu tourner à la catastrophe. Selon les autorités israéliennes, le copilote l’a attaqué au couteau dans le cockpit, mais le commandant de bord, malgré ses blessures, est parvenu à activer le mécanisme permettant d’ouvrir la porte.
Cette ouverture a permis à des passagers et à des membres de l’équipage d’entrer dans le cockpit et de maîtriser l’agresseur, rapporte France 24. Deux pilotes de Flydubai qui voyageaient à bord en tant que passagers ont également participé aux opérations ayant permis de maintenir le contrôle de l’appareil jusqu’à son atterrissage.
174 personnes se trouvaient à bord. Selon la compagnie aérienne, tous les passagers et membres d’équipage ont survécu. D’après plusieurs médias, 166 passagers étaient des citoyens israéliens.
Près de 10 000 heures de vol
Smith Machchar totalise environ 9 750 heures de vol et possède près de 15 ans d’expérience professionnelle. Pourtant, l’aviation ne constituait pas son projet initial.
Né à Mumbai, il envisageait au départ de reprendre l’entreprise familiale dans le secteur du textile. Après ses études secondaires, il a commencé une formation en ingénierie textile avant de s’orienter vers le management.
Sa trajectoire professionnelle a changé lorsqu’il avait environ 19 ans. Lors d’un séminaire consacré à l’aviation, il s’est découvert un intérêt pour le pilotage et a décidé de réorienter sa carrière.
Après une formation en Nouvelle-Zélande, Machchar a rejoint la compagnie indienne SpiceJet. En 11 ans, il y a progressivement accédé au poste de capitaine-instructeur, chargé notamment de former de jeunes pilotes. Il travaille chez Flydubai depuis quatre ans.
Un métier où il faut décider sous pression
Dans une interview accordée en 2025, Machchar expliquait que l’une des principales difficultés du métier de pilote consiste à garder le contrôle de la situation dans des circonstances complexes.
Au cours de sa carrière, il avait notamment été confronté à des changements de trajectoire liés à des urgences médicales ainsi qu’à des retards provoqués par des problèmes techniques. Il soulignait alors que la sécurité devait rester prioritaire, même lorsque les passagers étaient mécontents des retards.
Cette approche a pris une dimension particulière lors de son dernier vol.
Après l’agression, le capitaine, malgré ses blessures, a continué à agir afin de préserver le contrôle de l’appareil. L’ouverture de la porte du cockpit a notamment permis à d’autres personnes d’intervenir et de mettre fin à l’attaque.
De Mumbai à la reconnaissance internationale
Après l’incident, Smith Machchar a été hospitalisé. L’ambassade d’Inde a indiqué que son état était stable et que ses représentants restaient en contact avec sa famille ainsi qu’avec les autorités saoudiennes.
Le Premier ministre indien Narendra Modi a salué les actions du capitaine, les qualifiant de preuve d’un courage exceptionnel et estimant qu’elles avaient contribué à éviter une tragédie. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui aussi rendu hommage à son comportement pendant l’incident.
Pour sa famille et ses voisins, cette réaction correspond au caractère qu’ils lui connaissent depuis des années. Ils le décrivent comme une personne calme, capable de garder son sang-froid dans des situations difficiles.
Dans ses précédentes interviews, Machchar insistait également sur l’importance de séparer sa vie professionnelle de sa vie personnelle. Une fois un vol terminé, il cherchait à laisser les problèmes liés à son travail dans le cockpit afin de retrouver sa famille.
Le mobile de l’attaque reste inconnu
L’agresseur a été arrêté en Arabie saoudite, selon le Premier ministre israélien. Il s’agirait d’un ressortissant omanais. Son mobile n’a pour l’heure pas été officiellement établi et les circonstances précises de l’incident font toujours l’objet d’une enquête.
Pour Smith Machchar, ce vol restera comme l’une des épreuves les plus extrêmes de sa carrière. Malgré ses blessures, il a continué à remplir ses fonctions et contribué à créer les conditions permettant d’éviter que l’agression à bord ne se transforme en catastrophe aérienne.
