Le gouverneur de la Banque de France répond aux menaces de Mélenchon : Je ne me laisserai pas intimider

Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de modifier sa position publique sous l’effet des critiques politiques, rapporte Le Parisien. Cette déclaration intervient après que le dirigeant de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a menacé de le poursuivre pour « trahison » s’il accédait au pouvoir à l’issue de l’élection présidentielle de 2027.

« Je ne me laisserai pas intimider », a déclaré Emmanuel Moulin sur France Inter. Il a ajouté qu’il continuerait à s’exprimer dans le cadre de ses responsabilités et dans l’intérêt de l’institution qu’il dirige.

Les finances publiques françaises au cœur du conflit

Peu auparavant, Emmanuel Moulin avait déclaré dans un entretien accordé au Financial Times que la France risquait d’être « étouffée par les taux d’intérêt » si elle ne commençait pas à redresser ses finances publiques.

En réaction, Jean-Luc Mélenchon a accusé le gouverneur de la Banque de France de « s’exprimer publiquement contre son propre pays à l’étranger ». Le responsable politique a qualifié ses déclarations d’« acte de trahison » et évoqué de possibles poursuites en cas d’arrivée au pouvoir.

Le gouverneur de la Banque de France a rejeté cette approche, soulignant que sa position était dictée par ses responsabilités professionnelles et non par des préférences politiques.

Moulin invoque l’indépendance de la banque centrale

Interrogé sur sa capacité à continuer d’exercer ses fonctions sous une éventuelle présidence de Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Moulin a répondu par l’affirmative.

Son mandat de six ans a débuté en juin. Selon le gouverneur de la Banque de France, l’indépendance de la banque centrale est garantie par la législation française et les traités européens.

Emmanuel Moulin a également comparé la situation aux pressions exercées sur l’ancien président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, par Donald Trump. Selon le responsable français, les États-Unis constituaient auparavant un exemple de pays où le dirigeant d’une banque centrale pouvait être soumis à des tentatives d’intimidation.

Les désaccords portent également sur la dette publique

Le conflit entre Emmanuel Moulin et Jean-Luc Mélenchon ne porte pas uniquement sur l’évaluation de la situation budgétaire. Le gouverneur de la Banque de France avait auparavant qualifié d’« illégale, dangereuse et inutile » la proposition de Jean-Luc Mélenchon visant à annuler une partie de la dette française détenue par la Banque centrale européenne.

Dans le même temps, Emmanuel Moulin met en garde contre les fortes tensions qui pèsent sur les finances françaises. Dans la matinée du 7 octobre, l’écart entre le coût des emprunts français et celui des emprunts allemands s’élevait à 1,31 point de pourcentage.

Selon lui, la situation est difficile, mais elle peut être inversée grâce à la politique budgétaire. Le gouvernement français a déjà présenté son projet de budget pour 2027, avec pour objectif de ramener le déficit à 5 % du PIB. Emmanuel Moulin juge cette cible insuffisamment ambitieuse, mais réaliste.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la controverse autour de la Banque de France dépasse ainsi le cadre d’un affrontement personnel : elle soulève la question de la frontière entre les décisions politiques du gouvernement et l’indépendance de l’institution chargée de préserver la stabilité financière du pays.

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