L’UE tente d’empêcher un rapprochement entre Washington et Moscou : les Européens plaident pour un durcissement de la pression sur la Russie

Réunis à Bruxelles pour un sommet du Conseil européen, les dirigeants des 27 États membres de l’Union européenne examinent la guerre en Ukraine et les conséquences de la politique américaine à l’égard de la Russie. Malgré leurs désaccords avec Donald Trump, les capitales européennes cherchent à maintenir le dialogue avec Washington et à convaincre l’administration américaine que les accords conclus avec le Kremlin ne rapprochent pas la fin de la guerre.

Les accords énergétiques entre Washington et Moscou suscitent des inquiétudes

Parmi les sujets abordés lors de la réunion, ouverte le 15 octobre, figure un accord portant sur la fourniture de diesel russe, signalé la veille, rapporte France info. En Europe, certains craignent que de tels arrangements aillent à l’encontre de la politique de sanctions de l’UE, qui vise à réduire les revenus que la Russie tire de son secteur énergétique.

La situation au Moyen-Orient contribue également aux tensions. Les opérations américaines contre l’Iran et l’instabilité qui en a résulté dans la région pèsent sur les marchés de l’énergie et accentuent le risque d’une nouvelle hausse des prix. Pour les pays européens, le défi consiste donc à répondre simultanément aux menaces sécuritaires et aux répercussions économiques des conflits internationaux.

Kaja Kallas : les concessions ne font pas changer le Kremlin de comportement

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a appelé Washington à ne pas réduire la pression exercée sur Moscou. Selon elle, les accords conclus avec la Russie ne produisent pas les résultats escomptés : le Kremlin poursuit ses attaques contre l’Ukraine et continue d’aggraver la situation.

La position européenne repose sur l’idée que les restrictions économiques et les autres instruments de pression doivent contraindre la Russie à revoir sa conduite. À Bruxelles, on redoute qu’un rapprochement avec Moscou sans changement concret de sa politique ne finisse par affaiblir l’efficacité de l’action commune des pays occidentaux.

Bruxelles veut éviter que les divergences ne débouchent sur un conflit avec les États-Unis

Malgré leur mécontentement face à certaines décisions de l’administration Trump, les représentants de la Commission européenne et du Conseil européen cherchent à éviter une confrontation ouverte avec le président américain. À Bruxelles, les responsables espèrent que le dialogue permettra de préserver la coopération transatlantique et d’amener Washington à prendre davantage en compte les préoccupations de ses partenaires européens.

Pour l’Union européenne, l’équation diplomatique est délicate : défendre le maintien des sanctions contre la Russie sans détériorer les relations avec les États-Unis, qui demeurent un partenaire essentiel en matière de sécurité.

La question ukrainienne est ainsi abordée dans le cadre plus large des relations entre l’Europe, les États-Unis et la Russie. La capacité des alliés à coordonner leur approche à l’égard de Moscou pèsera largement sur l’efficacité future de la pression occidentale exercée sur le Kremlin.

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