Les marchés financiers français évoluent dans un climat marqué par des signaux contradictoires. Les investisseurs se détournent des valeurs technologiques, doutant de la rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle, tandis que le recul des prix du pétrole et la baisse des rendements obligataires soutiennent les cours.
Les échanges à la Bourse de Paris, le 15 octobre, se sont ouverts sur une légère hausse de l’indice de référence. Vers 10 heures, heure locale, le CAC 40 gagnait 0,30 %, à 7 898,61 points. Lors de la séance précédente, l’indice avait déjà progressé de 0,58 %, rapporte France 24.
Derrière cette évolution positive se cachait toutefois une faiblesse marquée du secteur technologique. Les investisseurs réduisaient leur exposition aux entreprises spécialisées dans les semi-conducteurs et les équipements destinés aux centres de données.
L’action STMicroelectronics a chuté de 6,94 %, à 40,06 euros, tandis que Soitec a perdu 8,10 %, à 129,25 euros. Les fabricants d’infrastructures pour centres de données ont également été touchés : les titres de Legrand ont reculé de 4,80 % et ceux de Schneider Electric de 3,50 %.
Les investisseurs revoient leurs prévisions sur l’intelligence artificielle
Ces derniers mois, le secteur technologique a constitué l’un des principaux moteurs de la progression des marchés boursiers. Les investissements massifs des grandes entreprises technologiques dans l’intelligence artificielle ont stimulé la demande de puces électroniques, de capacités de calcul et d’équipements pour le traitement des données.
Les acteurs du marché s’interrogent désormais davantage sur la capacité de ces dépenses à générer des rendements suffisants à moyen et à long terme. Les incertitudes entourant les modèles économiques des entreprises spécialisées dans l’IA alimentent les doutes sur les valorisations élevées des actifs technologiques.
Le coût du financement représente un autre facteur de risque. Après la publication des données américaines sur l’inflation, qui a dépassé les attentes en septembre, les marchés ont de nouveau intégré la possibilité d’une hausse des taux de la Réserve fédérale avant la fin de l’année.
Cette perspective est particulièrement importante pour les entreprises qui financent une part croissante de leurs projets liés à l’intelligence artificielle par l’emprunt. Un renchérissement du capital pourrait alourdir leurs dépenses et compliquer la réalisation de leurs ambitieux projets d’infrastructure.
Les obligations françaises bénéficient d’un répit
Alors que les investisseurs se détournent des actifs risqués, la demande d’obligations d’État a augmenté, entraînant une baisse des rendements. Le rendement des obligations françaises à dix ans est descendu à 4,78 %, contre 4,88 % la veille. Pour les titres allemands de même échéance, il est passé de 3,46 % à 3,39 %.
Le recul des rendements de la dette française constitue un signal important pour un pays dont la situation financière fait l’objet d’une attention soutenue des marchés, notamment en raison des débats budgétaires à l’Assemblée nationale.
La baisse des prix de l’énergie a également contribué à soutenir le marché obligataire. Vers 10 heures, le pétrole Brent reculait de 2,12 %, à 103,81 dollars le baril.
Pernod Ricard prend le contre-pied de la tendance générale
Alors que les valeurs technologiques étaient sous pression, le titre du groupe de spiritueux Pernod Ricard a évolué à la hausse. Son cours a progressé de 3,27 %, à 68,22 euros, après la publication de ses résultats financiers pour le premier trimestre de l’exercice.
Malgré un recul global de ses ventes, le groupe a fait état d’une amélioration de son activité sur plusieurs marchés importants. La progression a été particulièrement marquée en Inde, où le chiffre d’affaires trimestriel a augmenté de 19 %, porté par une demande soutenue.
Les analystes de Jefferies ont jugé ces résultats suffisamment solides et estimé que le premier trimestre pourrait constituer la phase la plus difficile avant une amélioration progressive des performances.
La séance du 15 octobre a ainsi mis en évidence les divergences au sein du marché français : l’optimisme suscité par les résultats de certaines entreprises coexiste avec une réévaluation des perspectives de l’intelligence artificielle et des inquiétudes concernant le coût du crédit. L’évolution des marchés dépendra notamment des prochains indicateurs d’inflation, des décisions des banques centrales et de la capacité des entreprises technologiques à transformer leurs investissements massifs en revenus durables.
