Les organisations lycéennes et étudiantes appellent à une nouvelle journée de mobilisation en France ce mardi 3 novembre 2026. Plusieurs blocages d’établissements et rassemblements sont annoncés, au lendemain de la rentrée des vacances de la Toussaint. Les protestataires jugent insuffisantes les mesures proposées par le gouvernement pour améliorer les conditions d’enseignement.
Selon Reuters, le mouvement a repris lundi 2 novembre dans des proportions nettement plus limitées qu’avant les vacances scolaires. Le ministère de l’Éducation nationale recensait 41 lycées bloqués ou concernés par des tentatives de blocage, soit environ 1 % des 3 700 établissements du pays. Plusieurs centaines de lycées avaient été touchés lors des précédentes mobilisations.
Des revendications qui dépassent les établissements scolaires
Le mouvement trouve son origine dans les protestations lancées en septembre contre les conditions d’apprentissage et les inégalités d’accès à l’éducation. Il s’est progressivement élargi aux questions de pouvoir d’achat et de justice sociale. Des salariés et des organisations syndicales ont rejoint certaines manifestations, donnant à la contestation une dimension nationale.
Les représentants des lycéens réclament notamment davantage d’enseignants, la rénovation des bâtiments scolaires et une augmentation des capacités d’accueil dans l’enseignement supérieur. Le fonctionnement de Parcoursup, la plateforme d’admission après le baccalauréat, figure également parmi les principales préoccupations.
Plusieurs organisations étudiantes appellent à poursuivre les blocages ce mardi. L’Unef souhaite notamment organiser une journée de forte mobilisation dans les universités. Un rassemblement est annoncé à Paris à partir de 14 heures, place du Panthéon.
Les organisations mobilisées demandent un investissement supplémentaire de 10 milliards d’euros dans l’éducation et l’enseignement supérieur. Elles réclament également l’abrogation de Parcoursup, dont elles contestent les critères de sélection et les conséquences pour certains candidats.
Le gouvernement tente de répondre à la contestation
Face à cette mobilisation, l’exécutif a présenté plusieurs engagements destinés à améliorer les conditions d’études. Les annonces comprennent un plafonnement des effectifs à 28 élèves par classe, un programme de rénovation des établissements et la création de 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur.
Une enveloppe de 4 milliards d’euros a également été évoquée pour les travaux dans les bâtiments scolaires. Le gouvernement prévoit une évolution du système d’admission dans le supérieur à l’horizon 2028. Ces propositions n’ont pas convaincu les organisations à l’origine du mouvement.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a relativisé l’ampleur des blocages observés lundi. Il a souligné que la majorité des établissements fonctionnaient normalement après les vacances.
Le ministre a également rappelé que les élèves devaient pouvoir accéder aux cours, notamment ceux qui préparent les examens de fin d’année. Le gouvernement distingue le droit de manifester des actions empêchant le fonctionnement des établissements.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est déclaré disposé à recevoir de nouveau les représentants des lycéens. Cette ouverture au dialogue intervient alors que plusieurs organisations préparent une mobilisation plus large le jeudi 5 novembre.
La journée du 3 novembre constitue donc un nouveau test pour le mouvement étudiant. Son ampleur réelle ne pourra être évaluée qu’après les rassemblements et les éventuels blocages de la journée. Les autorités devront également mesurer les conséquences de cette contestation sur le fonctionnement des établissements scolaires.
