Des parties civiles contestent la gestion française de l’affaire Epstein et dénoncent des délais judiciaires excessifs

Le volet français de l’affaire Jeffrey Epstein revient au premier plan judiciaire en août 2026. L’association Innocence en Danger met en cause la manière dont plusieurs investigations ont été conduites depuis 2019. Une ancienne mannequin suédoise conteste également les délais rencontrés dans son dossier. 

Selon Innocence en Danger, l’association a engagé une procédure contre l’État devant le tribunal judiciaire de Paris. Elle estime que les délais accumulés caractérisent un dysfonctionnement du service public de la justice. Ces accusations devront cependant être appréciées par la juridiction saisie. 

L’affaire Epstein et le rôle de la justice française

Les critiques concernent notamment l’enquête ouverte en France durant l’été 2019. Celle-ci avait suivi l’arrestation de Jeffrey Epstein aux États-Unis.

L’association reproche aux enquêteurs plusieurs délais qu’elle juge anormalement longs. Elle cite notamment la perquisition de l’appartement parisien d’Epstein, intervenue en septembre 2019.

Une première enquête française s’est finalement terminée en août 2023 sans nouvelles poursuites sur une partie des faits étudiés. Cependant, de nouveaux éléments américains ont ensuite relancé l’intérêt judiciaire en France. 

La mort de Daniel Siad change la situation

Le nom de Daniel Siad apparaît désormais au centre d’une partie du dossier. Ce recruteur de mannequins français, lié professionnellement à Epstein, a été retrouvé mort à son domicile de Colombes le 20 juillet 2026. 

Une autopsie n’a relevé aucune trace de violence récente liée à sa mort. Toutefois, les examens initiaux n’avaient pas permis d’établir immédiatement une cause précise. 

Siad faisait l’objet d’investigations portant notamment sur des accusations de viol et de traite d’êtres humains. Il contestait ces accusations et affirmait que ses relations avec Epstein étaient strictement professionnelles. Les enquêteurs n’avaient pas réuni, avant son décès, suffisamment d’éléments pour justifier son arrestation. 

Une nouvelle enquête plus large reste ouverte

La justice parisienne a renforcé ses investigations après la publication de nouveaux documents aux États-Unis. En juillet, le parquet indiquait que 24 femmes s’étaient manifestées comme victimes ou témoins potentielles concernant Siad ou d’autres personnes. Une dizaine d’enquêteurs travaillaient alors sur le dossier. 

Par ailleurs, Ebba Karlsson, ancienne mannequin suédoise, accuse Siad de l’avoir violée. Ses avocats ont annoncé une action mettant en cause les délais de la justice française. 

Cependant, l’existence d’une procédure contre l’État ne démontre pas en elle-même une faute judiciaire. Le tribunal devra examiner les délais, les actes réalisés et les contraintes rencontrées par les enquêteurs.

L’affaire Epstein pose ainsi deux questions parallèles. La première concerne d’éventuelles responsabilités pénales encore susceptibles d’être établies. La seconde porte sur la capacité de la justice française à traiter efficacement des dossiers anciens, internationaux et particulièrement complexes.

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