La France veut consolider son rôle dans l’avenir mondial du cinéma et de l’audiovisuel. Le premier Sommet Lumière, organisé à Saint-Paul-de-Vence, a réuni plus de 200 représentants de 60 pays, régions et organisations. Les discussions ont porté sur le cinéma, l’intelligence artificielle, le droit d’auteur et les nouveaux modèles économiques. Elles ont surtout débouché sur plusieurs engagements internationaux. elysee.fr
Selon le ministère de la Culture, le sommet a abouti à six déclarations et six mesures principales. Une nouvelle Alliance Lumière réunit déjà 56 organismes publics chargés du cinéma et de l’audiovisuel. Par ailleurs, un partenariat franco-coréen prévoit un milliard d’euros de financements annoncés pour les industries de l’image.
Le cinéma face à l’intelligence artificielle
L’intelligence artificielle occupe une place centrale dans cette initiative. Les outils génératifs transforment déjà l’écriture, les effets visuels, l’animation et plusieurs métiers techniques.
Cette évolution soulève cependant des questions sur le droit d’auteur. La rémunération des créateurs et l’utilisation des œuvres pour entraîner les modèles restent également très débattues.
Une déclaration spécifique adoptée à Saint-Paul-de-Vence défend donc la primauté de la création humaine. Elle reconnaît parallèlement que l’intelligence artificielle est déjà intégrée à de nombreuses pratiques professionnelles.
L’enjeu consiste ainsi à trouver un équilibre. Les participants veulent permettre l’innovation sans affaiblir les droits des auteurs et des artistes.
Un milliard d’euros annoncé par Paris et Séoul
Le volet financier constitue l’une des principales annonces. La France prévoit de mobiliser 500 millions d’euros via Bpifrance entre 2027 et 2031.
La Corée du Sud doit engager une somme équivalente. L’ensemble porte donc le partenariat annoncé à un milliard d’euros.
Les financements doivent notamment soutenir les entreprises du cinéma, de l’audiovisuel et de l’image animée.
Ils pourront concerner la recherche, l’innovation créative et des investissements en capital. De plus, le mécanisme doit favoriser des projets internationaux.
La France veut attirer davantage de tournages
Cette stratégie possède également une dimension économique. Paris cherche à renforcer l’attractivité du territoire pour les grandes productions internationales.
Les autorités françaises indiquent que ces productions ont déjà engagé plus de 600 millions d’euros de dépenses en France en 2026. L’objectif affiché approche un milliard d’euros d’ici la fin de l’année.
Ces montants concernent notamment le cinéma, les séries, l’animation et les effets visuels.
La France s’appuie pour cela sur ses crédits fiscaux et sur le programme France 2030. « La Grande fabrique de l’image » finance notamment des studios et des infrastructures techniques.
Les salles indépendantes également concernées
Le sommet ne s’est pas limité aux grandes productions. Une nouvelle initiative baptisée IRIS doit soutenir les cinémas et distributeurs indépendants.
Plusieurs personnalités internationales du cinéma ont apporté leur soutien au projet. Parmi elles figurent notamment Martin Scorsese, Juliette Binoche, Jane Campion et Denis Villeneuve.
Une autre initiative doit protéger les archives audiovisuelles menacées dans les zones de conflit. L’éducation à l’image fait également partie des engagements.
Le Sommet Lumière dépasse donc le cadre d’un événement culturel ponctuel. Paris cherche à construire une coopération internationale durable autour de l’image.
Reste désormais à mesurer son application concrète. Les financements annoncés, la protection des créateurs face à l’IA et l’attractivité des tournages constitueront les premiers tests de cette nouvelle politique.
