France et Ukraine renforcent leur coopération autour de la défense aérienne avant l’hiver

La France et l’Ukraine accélèrent leur coopération militaire à l’approche de l’hiver. Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky se sont rencontrés le 22 septembre à New York. La défense aérienne et la protection des infrastructures ukrainiennes ont occupé une place centrale dans leurs échanges. Paris et Kyiv veulent désormais associer livraisons d’équipements et coopération industrielle.

Selon la Présidence ukrainienne, les deux dirigeants ont discuté de systèmes SAMP/T supplémentaires et des missiles nécessaires à leur fonctionnement. Les financements disponibles dans le cadre du prêt européen à l’Ukraine pourraient contribuer aux acquisitions. Les discussions concernent aussi la production de certains équipements directement sur le territoire ukrainien. 

La défense aérienne devient une priorité franco-ukrainienne

La protection du ciel ukrainien représente l’un des principaux axes de la relation entre Paris et Kyiv. Cette priorité devient encore plus importante avant l’hiver.

Les infrastructures énergétiques restent particulièrement exposées aux frappes russes. Une dégradation du réseau électrique pourrait avoir des conséquences directes pour la population et l’économie.

Emmanuel Macron a d’ailleurs insisté sur cet enjeu devant l’Assemblée générale des Nations unies. Le président français a appelé à renforcer la protection de la population ukrainienne et à fournir davantage d’intercepteurs.

Paris soutient parallèlement l’idée d’un moratoire sur les frappes visant les infrastructures énergétiques et civiles. Macron en a discuté avec Donald Trump avant sa rencontre avec Zelensky. Toutefois, cette proposition reste diplomatique et ne constitue pas, à ce stade, un accord entre Kyiv et Moscou.

Des SAMP/T supplémentaires et davantage de missiles

La coopération dépasse désormais la livraison ponctuelle de matériel. En juillet, Paris et Kyiv avaient déjà défini une feuille de route beaucoup plus ambitieuse.

L’Ukraine prévoit notamment de commander quatre systèmes franco-italiens SAMP/T NG. En attendant leur production, la France s’est engagée à déployer deux systèmes SAMP/T supplémentaires. Les nouveaux équipements doivent ensuite arriver progressivement à partir de 2027. 

Un premier radar GF300 doit également être déployé en Ukraine avant la fin de 2026. Par ailleurs, cinq radars GM400 figurent dans le programme de coopération.

La France et l’Italie veulent aussi accélérer la livraison de missiles Aster 30. Ces intercepteurs constituent un élément essentiel du système SAMP/T.

Produire des armes en Ukraine

Un autre changement important concerne la production industrielle. Paris ne veut plus limiter la coopération au transfert d’armes fabriquées en France.

La feuille de route prévoit la production sous licence de missiles Aster 30 en Ukraine. Elle concerne aussi les bombes guidées AASM et les missiles SCALP. 

Cette stratégie doit permettre d’augmenter les capacités ukrainiennes sur le long terme. Elle rapproche également les industries de défense des deux pays.

En outre, Paris soutient le développement ukrainien d’un intercepteur antibalistique. Le programme est présenté par les autorités ukrainiennes sous le nom de FREYJA. Des entreprises françaises et la Direction générale de l’armement doivent contribuer à cette coopération.

Les drones renforcent également les relations entre Paris et Kyiv

La coopération ne concerne pas uniquement les missiles. Les drones et les technologies développées pendant la guerre occupent désormais une place croissante.

Les 11 et 12 septembre, la ministre déléguée Alice Rufo s’est rendue en Ukraine. Son déplacement a notamment porté sur les drones, l’innovation militaire et l’accélération du soutien européen.

Paris et Kyiv ont aussi lancé cette année l’initiative « Brave France ». Elle doit favoriser le développement conjoint de technologies destinées aux armées ukrainienne et française. 

Ainsi, la relation franco-ukrainienne prend progressivement une dimension industrielle. L’expérience opérationnelle ukrainienne rencontre les capacités technologiques et financières françaises.

Une relation pensée au-delà des besoins immédiats

La France reste également engagée dans la Coalition des volontaires. Ce groupe travaille sur le soutien militaire à l’Ukraine et sur de futures garanties de sécurité. elysee.fr

Cependant, les dispositifs envisagés pour une période suivant un éventuel cessez-le-feu restent dépendants de l’évolution du conflit. Il faut donc les distinguer des engagements militaires déjà décidés. À court terme, la priorité reste plus concrète : protéger davantage le ciel ukrainien avant l’hiver.

À plus long terme, Paris et Kyiv cherchent à construire une coopération industrielle durable. Les SAMP/T, les missiles Aster 30, les drones et les programmes antibalistiques montrent ainsi une évolution importante de leurs relations.

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