Data centers en France : la contestation défie les géants numériques

En France, les projets de data centers se multiplient sous l’effet de l’essor de l’intelligence artificielle. Les promoteurs promettent modernité, puissance numérique et recettes fiscales. Selon Le Monde, sur le terrain, des habitants, des élus et des associations écologistes contestent ces infrastructures géantes. Ils dénoncent leur consommation d’énergie, leur emprise foncière et leurs nuisances durables.

A Fouju, un mégaprojet cristallise les tensions

A Fouju, en Seine-et-Marne, une commune rurale de moins de 700 habitants, France Nature Environnement 77 s’oppose à un immense « campus IA ». L’Elysée avait présenté ce projet en 2025 lors du sommet sur l’intelligence artificielle. Sa première phase doit voir le jour d’ici deux ans. L’investissement atteint 50 milliards d’euros.

Le complexe doit occuper 90 hectares, soit l’équivalent de 126 terrains de football. Il doit réunir 11 bâtiments de data centers, plus de 600 groupes électrogènes et près de 700 groupes froids. A pleine capacité, il doit atteindre 1,4 gigawatt, une puissance qui alarme les opposants.

Les associations dénoncent un modèle gourmand

Plusieurs organisations rejoignent la mobilisation, dont la Ligue pour la protection des oiseaux, la Confédération paysanne, Les Soulèvements de la terre et FNE 77. Elles accusent le projet d’artificialiser de bonnes terres agricoles. Elles pointent aussi le bruit permanent, la faible récupération de chaleur et l’impact écologique des composants électroniques, qui dépendent de matières premières extraites ailleurs.

Les opposants réclament désormais un moratoire sur les nouveaux data centers. Pour eux, la promesse d’emplois ne tient pas face aux coûts environnementaux. La France compte déjà plus de 350 centres de données, dont 160 en Ile-de-France. La contestation cherche donc à peser davantage, alors que les promoteurs gagnent l’oreille des collectivités grâce aux promesses de recettes fiscales.

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