La France connaît une vague de chaleur intense depuis plusieurs jours. Mardi 23 juin 2026 a été la journée la plus chaude jamais enregistrée dans le pays. De nombreux départements étaient alors placés en vigilance rouge ou orange.
Dans ce contexte, Le Monde a recueilli plusieurs témoignages de travailleurs. Ils viennent de la grande distribution, des collectivités, de la propreté urbaine ou encore des services publics. Tous décrivent des adaptations limitées, parfois tardives.
À Paris, des caissières ont dû conserver une tenue professionnelle chaude malgré 38 °C à l’ombre. En outre, dans les Bouches-du-Rhône, une salariée de 18 ans raconte une situation proche. Elle explique que les équipes attendent encore des tee-shirts adaptés.
Les salariés pointent un défaut d’anticipation
Les témoignages décrivent surtout un manque de préparation. Cependant, les vagues de chaleur reviennent plus souvent et durent plus longtemps. Les entreprises ne peuvent donc plus traiter ces épisodes comme des accidents isolés.
Une jardinière contractuelle d’Ile-de-France affirme que l’arrêt du travail extérieur a été décidé tardivement. Par ailleurs, un éboueur du nord de Paris dit ne pas avoir bénéficié d’un vrai aménagement de tournée. Il évoque seulement une gourde et une liste de fontaines.
Ces situations montrent un problème concret. La chaleur ne gêne pas seulement le confort. Elle peut aussi augmenter la fatigue, réduire la concentration et renforcer les risques professionnels.
Les employeurs ont des obligations renforcées
Depuis 2025, les employeurs doivent mieux prévenir les risques liés aux fortes chaleurs. Ils doivent évaluer l’exposition des salariés à la chaleur. Ils doivent aussi prévoir des mesures adaptées lorsque la santé ou la sécurité sont menacées.
Ces mesures peuvent concerner les horaires, les pauses, l’accès à l’eau fraîche ou l’organisation du travail. De plus, les risques doivent figurer dans le document unique d’évaluation des risques professionnels.
Toutefois, les témoignages cités par Le Monde montrent un écart entre la règle et le terrain. Certaines décisions restent locales. D’autres arrivent seulement après le passage en vigilance rouge.
La chaleur devient un enjeu de santé au travail
La canicule au travail pose désormais une question durable. Les épisodes extrêmes progressent avec le réchauffement climatique. Les entreprises doivent donc adapter leurs pratiques, leurs équipements et leurs horaires.
L’enjeu dépasse le confort individuel. Il concerne la santé, la sécurité, la continuité d’activité et le dialogue social. En revanche, l’absence d’anticipation peut créer des tensions dans les équipes.
Enfin, cette situation montre que la France entre dans une nouvelle phase. Les fortes chaleurs ne sont plus exceptionnelles. Elles deviennent un risque professionnel à intégrer dans l’organisation quotidienne du travail.
