La mobilisation lycéenne se poursuit en France ce lundi 12 octobre 2026, avec de nouveaux incidents signalés dans plusieurs régions. Au moins huit personnels de l’Éducation nationale ont été blessés dans la matinée. Pourtant, le nombre d’établissements fermés continue de diminuer, à la veille d’une nouvelle journée nationale de manifestations.
Selon l’AFP, le ministère de l’Éducation nationale fait état de 96,5 % d’établissements ouverts lundi matin. Au total, 130 établissements restent fermés, contre 172 vendredi. Cependant, cette amélioration ne s’accompagne pas d’une diminution des violences, particulièrement signalées à Créteil, Bordeaux et Lyon.
La mobilisation lycéenne recule, mais les violences persistent
Les blocages touchent désormais moins d’établissements qu’au début du mouvement. Le ministère constate une diminution des fermetures complètes et une concentration des perturbations dans certaines zones.
Toutefois, ces chiffres ne reflètent pas toutes les difficultés rencontrées. Certains lycées restent ouverts malgré des accès bloqués ou des cours perturbés. Par ailleurs, plusieurs incidents ont visé des membres du personnel éducatif. À Reims, deux agents d’accueil du lycée François-Arago ont été blessés par des tirs de mortiers d’artifice.
Deux personnels du lycée Darius-Milhaud, au Kremlin-Bicêtre, ont également été blessés par des tirs de mortiers. Les autorités locales suivent l’évolution de la situation dans les établissements concernés.
Des revendications sur les moyens et les conditions d’études
Le mouvement lycéen a débuté à la mi-septembre. Les élèves mobilisés dénoncent notamment les absences d’enseignants non remplacés et les conditions matérielles de certains établissements.
Ils critiquent également la pression liée à Parcoursup, la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur. Les emplois du temps chargés figurent aussi parmi les principales préoccupations. En outre, l’Union syndicale des lycéens réclame un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées. L’organisation demande également la suppression de Parcoursup.
Cependant, ces revendications ne font pas l’unanimité parmi les élèves. Les situations et les attentes diffèrent selon les établissements et les territoires.
Le gouvernement tente de répondre à la contestation
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé le déploiement de 3 000 enseignants remplaçants dans les lycées les plus touchés.
Cette mesure doit contribuer à réduire les heures de cours perdues. Toutefois, les syndicats enseignants s’interrogent sur son application concrète.
Le gouvernement envisage également d’intégrer certaines propositions des lycéens au projet de budget pour 2027. Les consultations ont notamment fait ressortir les difficultés liées aux emplois du temps et à l’état des bâtiments scolaires. De plus, Emmanuel Macron a appelé les manifestants à respecter les personnes et les biens. L’exécutif cherche ainsi à maintenir le dialogue tout en condamnant les violences.
Une nouvelle mobilisation nationale prévue le 13 octobre
L’Union syndicale des lycéens appelle à poursuivre la contestation mardi 13 octobre. Cette nouvelle journée, présentée comme le cinquième acte du mouvement, pourrait entraîner d’autres perturbations.
À Paris, les organisations étudiantes et lycéennes prévoient un rassemblement à 14 heures, place d’Italie. Le cortège doit ensuite rejoindre les Invalides, à proximité de plusieurs institutions gouvernementales. Par ailleurs, les syndicats espèrent maintenir la mobilisation malgré le recul des blocages quotidiens. Ils souhaitent obtenir des engagements plus précis sur les moyens accordés à l’éducation.
Enfin, la situation place le gouvernement devant un double défi. Il doit garantir la sécurité des établissements tout en apportant des réponses aux revendications des lycéens. L’ampleur des manifestations du 13 octobre permettra de mieux mesurer la capacité du mouvement à se poursuivre.
