Jean de Gliniasty : «L’accusation de frappe ukrainienne sur la résidence de Poutine donne un prétexte aux Russes pour durcir leur position»

Deux jours après avoir accusé l’Ukraine d’avoir visé une résidence de Vladimir Poutine à Valdaï avec 91 drones, la Russie persiste. Le 31 décembre, le ministère russe de la Défense diffuse une vidéo et une carte censées prouver l’attaque. Le message est clair : imposer un récit, sans lever les zones d’ombre.

D’après Le Figaro, Kyiv dénonce des « mensonges ». L’Union européenne accuse Moscou de chercher à faire « dérailler » les efforts de paix. Le flou persiste, mais la communication russe, elle, avance à pas comptés.

Une guerre de l’information assumée

L’objectif dépasse largement l’incident militaire. Le Kremlin active une stratégie connue : dramatiser une menace, personnaliser la cible, puis internationaliser l’accusation. Moscou cherche à délégitimer toute dynamique diplomatique qu’elle juge défavorable et à réinstaller une logique de confrontation.

« C’est un moyen très habile pour infléchir la position américaine et pousser Donald Trump à durcir le ton », analyse Jean de Gliniasty, ancien ambassadeur de France à Moscou.

Peser sur la paix par le récit

En brandissant images et accusations, la Russie tente de reprendre l’initiative politique. La propagande devient un levier central. Elle prépare les opinions, justifie l’escalade et fragilise les négociations avant même qu’elles n’aboutissent.

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