Russie et Moyen-Orient : appel à la paix ou stratégie politique

La Russie appelle à un cessez-le-feu immédiat au Moyen-Orient et « dénonce les attaques contre des cibles civiles » après les frappes israélo-américaines sur l’Iran. 

Selon BFMTV, dans un contexte d’escalade militaire au Moyen-Orient, la Russie prend officiellement position et appelle à un cessez-le-feu immédiat. Moscou condamne les frappes menées contre l’Iran et dénonce les attaques visant des cibles civiles. 

Mais cette posture mérite une lecture critique et cohérente, et non un simple recyclage de la rhétorique du Kremlin. La diplomatie russe condamne aujourd’hui ce qu’elle présente comme des violences contre des civils, tout en restant silencieuse ou défensive sur le bilan humain et les violations des droits commises par ses propres forces en Ukraine depuis février 2022. 

En effet, la Russie a lancé une invasion militaire de l’Ukraine, qui dure depuis des années, entraînant des milliers de morts chez les militaires ukrainiens mais aussi des victimes civiles, des destructions d’infrastructures et des déplacements massifs de populations. 

Or, dans ce conflit, Moscou a souvent nié ou minimisé les attaques contre les civils, même lorsque des organisations internationales ou des enquêtes indépendantes ont documenté des bombardements touchant des zones habitées ou des structures non militaires dans différents contextes. 

Une diplomatie à géométrie variable ?

Dénoncer aujourd’hui des « attaques contre des civils » dans un autre théâtre de guerre tout en justifiant ou en relativisant celles commises par son propre armée en Ukraine, ou en soutenant des alliés impliqués dans des campagnes conduisant à des pertes civiles, donne l’impression d’une instrumentalisation des principes humanitaires à des fins politiques.

Une position morale qui s’appliquerait réellement à tous les conflits devrait d’abord commencer par un examen honnête du rôle que chaque pays joue dans les violences qui tuent des civils.

Cela inclut la Russie, qui a participé à des campagnes à l’étranger, soutenu militairement des régimes alliés et mené des opérations en Syrie et en Ukraine, suscitant de nombreuses critiques internationales.

Crédibilité et cohérence internationale

En conclusion, il est légitime de souhaiter un cessez-le-feu au Moyen-Orient et d’appeler au respect des civils, mais ces appels perdent leur crédibilité lorsque les dirigeants ne condamnent pas avec la même fermeté toutes les situations dans lesquelles la guerre frappe des civils, y compris lorsque leur propre pays participe au conflit.

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