Le président croate Zoran Milanović a vivement critiqué la France pour sa politique de vente des chasseurs Rafale, estimant que Zagreb a reçu des appareils prélevés sur les stocks français, tandis que Belgrade se voit proposer des avions neufs sortant directement d’usine.
C’est ce que rapporte Politico.
En 2021, la Croatie a conclu avec Paris un accord intergouvernemental portant sur 12 Rafale pour un montant de 999 millions d’euros, destinés à remplacer les anciens MiG-21 soviétiques. Les derniers appareils ont été livrés en avril de l’année dernière.
À l’inverse, en août 2024, la Serbie a signé un contrat avec Dassault Aviation pour l’achat de 12 Rafale neufs, un accord qui a déclenché la controverse à Zagreb.
« Nous avons l’air de naïfs : on vend des avions neufs aux Serbes, et des avions d’occasion à nous », a déclaré Zoran Milanović, accusant la France de double standard.
La position de Paris
Le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, en visite à Zagreb, a défendu l’accord conclu avec Belgrade, soulignant qu’il contribue à réduire la dépendance de la Serbie à l’égard de la Russie et à rapprocher progressivement le pays du camp occidental.
En réponse, Milanović a affirmé que le contrat avec la Serbie avait été signé « au détriment des intérêts croates », estimant qu’il illustre la primauté des intérêts nationaux et des profits économiques. Il a également critiqué le gouvernement du Premier ministre Andrej Plenković pour l’absence de garanties stratégiques.
Réaction du ministère de la Défense
Le ministère croate de la Défense a répliqué que les déclarations du président témoignaient d’une méconnaissance des règles du commerce international de l’armement.
Malgré cette polémique, la coopération militaire entre Zagreb et Paris se poursuit : en décembre, les deux pays ont confirmé un contrat portant sur 18 canons automoteurs Caesar.
