Avant le sommet Afrique-France de Nairobi, reportage au Rwanda. La France soutient des projets de développement dans la santé, l’environnement et l’éducation. Elle a reconnu sa part de responsabilité dans le génocide de 1994. Ce virage illustre la réorientation de sa politique africaine, désormais tournée vers les pays anglophones.
Selon Le Dauphine Libéré. le Rwanda affiche une croissance record de 9,4 % en 2025. Mais le régime de Paul Kagamé reste autoritaire. L’éducation constitue une priorité : 70 % des Rwandais ont moins de 35 ans. Au Tumba College Polytechnic, la France finance des machines à commande numérique. Six enseignants rwandais se forment en robotique à l’IUT de Cachan. Les étudiants remboursent leurs études en reversant 8 % de leur salaire.
La France soutient aussi l’agriculture. Un programme de 16 millions d’euros sur cinq ans, cofinancé avec l’UE, vise à renforcer la sécurité alimentaire. Il forme les jeunes agriculteurs, dont 65 % de filles. Le lycée de Kisaro accueille une majorité de jeunes filles.
Dans le secteur de la santé, l’AFD accorde un prêt de 75 millions d’euros pour reconstruire l’hôpital de Ruhengeri. Le Rwanda manque de médecins : seulement 2 000 pour 14 millions d’habitants. La France a détaché des praticiens pour former leurs collègues. Le pays développe aussi 1 000 centres de santé connectés. Les patients paient seulement 10 centimes d’euro par téléconsultation. Des agents communautaires équipés de smartphones assurent le suivi. Des tablettes permettent des échographies à distance pour les femmes enceintes. Ce modèle pourrait inspirer la France pour ses déserts médicaux.
En 2024, Paris et Kigali ont signé un accord de 400 millions d’euros sur quatre ans. Cependant, la politique française doit composer avec le rôle trouble du Rwanda dans la guerre en RDC (soutien aux rebelles du M23). Ce contentieux risque de freiner de nouveaux projets d’aide.
