La Russie intensifie ses frappes à travers l’Ukraine et fait payer un tribut croissant aux populations civiles

La Russie intensifie ses attaques aériennes contre l’Ukraine à l’approche de l’hiver. Vendredi 2 octobre, plus de 100 drones russes ont été lancés contre Kyiv et huit autres régions, selon les autorités ukrainiennes. Dans la capitale, les frappes ont touché plusieurs ponts et un immeuble résidentiel. À Kharkiv, deux personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées par une bombe aérienne guidée. 

Selon l’ONU, l’intensification des attaques fait peser une charge croissante sur les populations civiles. Ses observateurs ont recensé au moins 2 222 civils tués et 13 058 blessés entre janvier et août 2026. Ce bilan était déjà supérieur à celui de toute l’année 2025. Les chiffres continuent par ailleurs d’augmenter avec les nouvelles frappes de septembre et d’octobre.

Les frappes russes touchent des villes loin du front

La guerre aérienne ne se limite plus depuis longtemps aux zones situées à proximité immédiate des combats. Missiles, drones à longue portée et bombes guidées frappent régulièrement des centres urbains et des infrastructures éloignées du front. En août, l’ONU a recensé des victimes civiles dans 13 régions ainsi qu’à Kyiv. Les armes à longue portée représentaient alors la première cause de pertes civiles. Elles avaient tué 194 personnes et en avaient blessé 1 077 pendant ce seul mois. 

Kyiv illustre cette pression croissante. Ces dernières semaines, les alertes aériennes et les explosions y sont devenues presque quotidiennes. Des immeubles résidentiels, une école, des infrastructures énergétiques et des centres de données ont notamment été touchés. 

À Kyiv, les ponts deviennent à leur tour des cibles

La campagne russe a pris une nouvelle dimension avec les attaques répétées contre les ponts qui traversent le Dnipro. Vendredi, trois des six ponts routiers de Kyiv étaient totalement ou partiellement fermés après des frappes.

Le pont Pivdennyi a été attaqué à plusieurs reprises jeudi puis de nouveau vendredi. Ces frappes ont provoqué d’importants embouteillages dans une capitale où des centaines de milliers d’habitants doivent quotidiennement traverser le fleuve. 

Cependant, les conséquences dépassent largement les difficultés de circulation. Les infrastructures de transport permettent aux habitants d’accéder à leur travail, aux hôpitaux et aux services essentiels.

La veille, un drone russe avait également frappé une école de Kyiv. Plus de 100 élèves se trouvaient dans l’établissement, mais ils avaient rejoint un abri avant l’impact. Aucun n’a été blessé. 

Plus de 2 200 civils tués en huit mois

L’ampleur du bilan civil permet de mesurer l’évolution de la guerre. Entre janvier et août 2026, l’ONU a confirmé au moins 2 222 morts et 13 058 blessés parmi les civils.

Le nombre total de victimes civiles était supérieur de 55 % à celui enregistré pendant la même période de 2025. Il dépassait également plus du double du niveau observé entre janvier et août 2024. 

La tendance s’est poursuivie en septembre. Entre le 1er et le 24 septembre seulement, la mission de surveillance des droits humains de l’ONU avait déjà vérifié au moins 200 civils tués et 1 234 blessés. Ce bilan restait provisoire. Ainsi, parler de milliers de civils tués en 2026 est désormais étayé par les données internationales. En revanche, ces milliers de morts ne résultent pas de la seule vague d’attaques du 2 octobre.

L’énergie de nouveau visée avant l’hiver

Les infrastructures énergétiques constituent un autre axe majeur des frappes russes. Le 30 septembre, une attaque massive a visé des installations électriques dans plusieurs régions. Les autorités ukrainiennes ont fait état de sept morts, dont un enfant. Des coupures d’électricité d’urgence ont également touché Kyiv et plusieurs régions. L’attaque combinait 285 drones et des missiles.

Cette campagne s’inscrit dans une tendance plus longue. L’ONU a recensé au moins 423 attaques russes contre des installations de production, de transport ou de distribution d’électricité entre octobre 2025 et mars 2026. Au moins 74 autres frappes ont touché des installations liées au chauffage. 

Ces attaques ont entraîné des coupures affectant les logements, mais aussi les écoles et les hôpitaux. La perspective d’un nouvel hiver sous les frappes représente donc un enjeu humanitaire majeur.

Une population civile sous une pression croissante

Moscou affirme viser des infrastructures liées aux capacités militaires ukrainiennes et nie cibler délibérément les civils. Cependant, les frappes russes touchent régulièrement des immeubles résidentiels et d’autres infrastructures civiles. 

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a déclaré vendredi que les civils supportaient l’essentiel des conséquences de cette guerre. Il a décrit une situation humanitaire qui continue de s’aggraver. L’escalade actuelle ne se résume donc pas à une nouvelle frappe contre un pont de Kyiv. Elle montre une campagne aérienne qui touche simultanément les transports, l’énergie, les logements et les villes ukrainiennes.

À l’approche de l’hiver, l’enjeu devient encore plus important. Les nouvelles attaques menacent directement les conditions de vie de millions de personnes, tandis que le bilan civil de 2026 est déjà particulièrement lourd.

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