Le gouvernement veut autoriser durablement l’usage des tickets-restaurant pour acheter des produits alimentaires en supermarché après 2026. Un projet de loi doit mettre fin au caractère provisoire de cette mesure.
Cette possibilité avait été élargie en 2022, dans un contexte de forte inflation. Elle permet aux salariés d’acheter des produits à cuisiner, comme des pâtes, du riz ou de la viande. Cet usage reste aujourd’hui autorisé jusqu’à la fin de 2026.
Les tickets-restaurant au supermarché devraient devenir permanents
Selon 20 Minutes, le texte vise à pérenniser une dérogation devenue très populaire. Les salariés utilisent déjà leurs titres-restaurant pour payer une partie de leurs courses alimentaires. Ainsi, le gouvernement veut éviter une nouvelle incertitude à l’approche de 2027.
La règle actuelle distingue les produits consommables immédiatement et les produits à préparer. Cependant, la dérogation autorise temporairement l’achat de tout produit alimentaire. Elle couvre donc aussi les denrées brutes.
Cette mesure touche plusieurs millions de salariés. Elle pèse aussi sur un marché important. Les titres-restaurant concernent plus de 5,5 millions de salariés et 243 000 commerçants.
Une réforme plus large du titre-restaurant
Le projet ne se limite pas aux courses alimentaires. Il doit aussi moderniser le fonctionnement du titre-restaurant. De plus, il prévoit de renforcer la dématérialisation du dispositif. Les titres papier restent encore utilisés par une partie des bénéficiaires. Toutefois, les cartes et applications gagnent du terrain. Cette évolution facilite les paiements, mais elle soulève aussi des questions pour certains commerçants.
Par ailleurs, les pouvoirs publics veulent encadrer les usages. L’objectif consiste à préserver le rôle social du titre-restaurant. Il ne doit pas devenir un simple complément de salaire.
Les restaurateurs redoutent une perte d’activité
La réforme suscite des tensions avec les restaurateurs. Beaucoup estiment que l’usage élargi favorise les grandes surfaces. En revanche, les salariés y voient un soutien direct au pouvoir d’achat. Les restaurateurs dénoncent depuis plusieurs années le recul de leur part dans l’utilisation des titres. Ils contestent aussi le niveau des commissions prélevées par les émetteurs.
Le gouvernement doit donc arbitrer entre deux objectifs. Il veut soutenir les ménages, mais aussi préserver l’activité des restaurants. Ce débat reste sensible, car le titre-restaurant a d’abord été créé pour financer le repas de la journée de travail.
Un enjeu concret pour le pouvoir d’achat
La pérennisation aurait un effet direct pour les salariés. Elle leur permettrait de continuer à acheter des produits alimentaires de base avec leurs titres. En outre, elle éviterait une rupture au 1er janvier 2027. Pour les enseignes alimentaires, la mesure sécuriserait une partie des paiements. Pour les restaurateurs, elle pourrait toutefois prolonger une concurrence jugée défavorable. Le Parlement devra donc préciser l’équilibre du futur dispositif.
Enfin, cette réforme montre l’évolution du titre-restaurant. Il reste lié au repas du salarié, mais il répond aussi aux contraintes du budget alimentaire. Le débat portera donc sur son usage, son coût et sa place dans la consommation quotidienne.
