Retraite des mères : de nouvelles règles entrent en vigueur dès le 1er septembre 2026

À partir du 1er septembre 2026, plusieurs règles de retraite deviennent plus favorables aux mères de famille en France. Le nouveau dispositif agit notamment sur le calcul de la pension et l’accès à la retraite anticipée pour carrière longue. Toutefois, toutes les femmes ne bénéficieront pas du même gain.

Selon Service-Public, les nouvelles dispositions découlent de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 et de ses textes d’application. Elles cherchent notamment à mieux prendre en compte les conséquences de la maternité sur les carrières professionnelles. 

Un calcul de retraite plus favorable aux mères

Dans le régime général, la retraite de base repose notamment sur le revenu annuel moyen des meilleures années de carrière. Jusqu’ici, le calcul retenait normalement les 25 meilleures années.

Cette règle peut pénaliser les femmes dont la carrière a été interrompue ou ralentie après une naissance. Un congé, une réduction du temps de travail ou plusieurs années moins rémunérées peuvent en effet réduire la moyenne.

Le décret du 29 juillet 2026 modifie ce mécanisme pour les personnes bénéficiant de majorations liées aux enfants. Désormais, 24 meilleures années seront retenues lorsqu’un seul enfant ouvre ces droits. Pour au moins deux enfants, le calcul pourra porter sur les 23 meilleures années

Ainsi, une ou deux années moins favorables peuvent disparaître du calcul. La pension de base peut donc augmenter.

Cependant, le gain dépend fortement de la carrière. Une mère dont les 25 meilleures années présentent des revenus similaires verra peu de différence.

En revanche, l’avantage peut devenir plus visible lorsqu’une ou deux années nettement moins rémunérées entraient auparavant dans le calcul.

Les enfants comptent davantage pour les carrières longues

Le second changement concerne les personnes qui ont commencé à travailler jeunes.

À partir du 1er septembre, jusqu’à deux trimestres liés aux enfants pourront être pris en compte pour remplir la condition de durée nécessaire à un départ anticipé pour carrière longue. 

Auparavant, les majorations accordées pour la maternité ou l’éducation des enfants n’étaient pas toutes utilisables de cette manière.

Cette évolution est importante pour certaines mères. Elles pouvaient avoir commencé leur carrière très tôt tout en manquant quelques trimestres cotisés en raison de périodes consacrées aux enfants.

Ainsi, deux trimestres supplémentaires peuvent parfois permettre d’atteindre plus rapidement le seuil requis.

Cela ne signifie toutefois pas que toutes les mères pourront partir deux trimestres plus tôt. Les autres conditions du dispositif carrière longue continuent de s’appliquer. 

Pourquoi les retraites des femmes restent inférieures

Ces changements cherchent aussi à corriger une inégalité plus structurelle.

Les carrières féminines restent davantage affectées par les interruptions professionnelles et le temps partiel. Les écarts de rémunération pendant la vie active se répercutent ensuite sur les pensions.

La maternité joue également un rôle. Dans de nombreuses familles, les femmes réduisent davantage leur activité professionnelle après la naissance des enfants.

Par conséquent, améliorer uniquement l’âge de départ ne suffit pas. Le montant de la pension constitue un autre enjeu essentiel.

Le législateur cherche donc à neutraliser une partie des mauvaises années de carrière. De plus, les nouvelles règles reconnaissent davantage certains trimestres liés aux enfants.

Les fonctionnaires bénéficient aussi d’une évolution

La réforme comporte également une mesure spécifique pour une partie de la fonction publique.

Les femmes fonctionnaires ou militaires ayant accouché après leur recrutement, pour des enfants nés depuis le 1er janvier 2004, obtiennent une bonification d’un trimestre par enfant dans les conditions prévues par la loi. Cette disposition prend effet pour les pensions concernées à compter du 1er septembre 2026. 

Le mécanisme diffère donc de celui appliqué aux salariés du privé.

Cette distinction est importante, car les pensions des fonctionnaires ne sont pas calculées à partir des 25 meilleures années comme dans le régime général.

Qui a intérêt à vérifier sa situation dès septembre ?

Les nouvelles règles ne produiront pas une augmentation identique pour toutes les mères.

Les femmes proches de la retraite ont donc intérêt à vérifier leur relevé de carrière. C’est particulièrement vrai pour celles ayant commencé à travailler jeunes ou connu des périodes de temps partiel après une naissance.

Par ailleurs, les trimestres attribués au titre des enfants doivent apparaître correctement dans le dossier.

Une erreur peut modifier la date de départ ou le montant estimé de la pension.

Le changement du 1er septembre constitue donc une correction ciblée plutôt qu’une refonte générale des retraites féminines. Néanmoins, pour certaines mères, quelques trimestres ou l’exclusion d’une mauvaise année de salaire peuvent produire une différence concrète au moment du départ.

Retour en haut