Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, doit faire étape à Doha avant de rejoindre New York pour l’Assemblée générale de l’ONU. Cette visite intervient alors que les tensions militaires remontent entre l’Iran et les États-Unis. Dans le même temps, le détroit d’Ormuz reste sous pression et les combats au Yémen alimentent les inquiétudes régionales.
Selon l’AFP, Abbas Araghchi doit tenir au Qatar des consultations consacrées aux derniers développements régionaux avant son déplacement aux Nations unies. Doha joue un rôle de médiateur entre Washington et Téhéran. Cependant, aucune reprise officielle de négociations directes entre les deux pays n’est annoncée à ce stade.
L’Iran cherche à maintenir ouverte la voie diplomatique
Le déplacement d’Abbas Araghchi intervient dans une période particulièrement tendue. Les autorités iraniennes affirment disposer d’informations sur de possibles nouvelles frappes américaines. Elles préviennent qu’une nouvelle opération militaire entraînerait une riposte contre les intérêts américains dans la région.
Donald Trump a, de son côté, indiqué qu’il examinait plusieurs options concernant l’Iran. Elles comprennent une nouvelle action militaire, un renforcement de la pression économique ou une solution négociée. Le président américain s’est également déclaré disposé à rencontrer son homologue iranien Massoud Pezeshkian à New York.
Toutefois, aucune rencontre entre les deux présidents n’est confirmée. Le Qatar tente donc de réduire les divergences avant une éventuelle reprise formelle du dialogue.
Doha indique échanger depuis près de deux semaines différentes propositions avec Washington et Téhéran. Des médiateurs qataris circulent également entre plusieurs capitales. Les autorités qataries disent avoir reçu des assurances américaines sur la volonté de Washington de parvenir à un accord.
Le détroit d’Ormuz reste au centre des tensions
Le détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux dossiers des négociations. Cette voie maritime relie le golfe Persique à la mer d’Arabie. Elle joue donc un rôle essentiel dans le transport mondial des hydrocarbures.
L’Iran a fortement restreint le passage après les attaques américano-israéliennes lancées en février. Téhéran exige désormais une autorisation pour certains passages et justifie ces mesures par des considérations de sécurité. En parallèle, les États-Unis exercent une pression maritime sur les ports iraniens.
Cependant, la situation reste instable. Deux incidents impliquant des navires ont encore été signalés lundi dans le détroit. Pour l’un d’eux, les autorités maritimes britanniques ont évoqué des débris provenant d’un projectile non identifié. Aucun blessé n’a été signalé lors de ce second incident.
Les conséquences dépassent donc largement le face-à-face entre Washington et Téhéran. Les perturbations du trafic maritime affectent les marchés énergétiques et inquiètent les monarchies du Golfe. Reuters avait déjà relevé mi-septembre que l’extension des attaques dans la région accentuait les perturbations pétrolières.
Le Qatar tente de reconstruire un dialogue régional
Le Qatar cherche parallèlement à élargir la discussion. Doha défend désormais la création d’un cadre de sécurité associant les États du Golfe et l’Iran.
Le Premier ministre qatari Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani estime que la crise doit pousser les pays de la région à revoir leur architecture de sécurité. Cette approche vise notamment à limiter les cycles d’escalade militaire.
La position qatarie reste néanmoins délicate. Doha entretient des relations avec Téhéran tout en étant un partenaire stratégique de Washington. Le pays accueille également la base aérienne américaine d’Al-Udeid.
En outre, le Qatar a lui-même condamné plusieurs attaques iraniennes contre des États voisins en septembre. Sa médiation ne signifie donc pas un alignement sur les positions de Téhéran.
Le Yémen ouvre un autre front d’incertitude
Les tensions régionales concernent également le Yémen. Les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite ont annoncé avoir repris plusieurs positions aux Houthis près de Taëz. Des affrontements restent signalés dans cette zone stratégique.
Le dirigeant houthi Abdel-Malik al-Houthi affirme, pour sa part, que la confrontation avec les États-Unis se poursuivra. Il accuse également Washington et Riyad de préparer une nouvelle escalade. Ces déclarations représentent la position du mouvement houthi et ne constituent pas une confirmation indépendante d’une opération imminente.
Ainsi, plusieurs crises se superposent désormais. Le dossier nucléaire et militaire iranien croise la sécurité maritime, la situation au Yémen et les relations entre les monarchies du Golfe.
La séquence de New York pourrait devenir décisive
L’Assemblée générale des Nations unies offre désormais une nouvelle fenêtre diplomatique. Le passage d’Abbas Araghchi par Doha doit permettre de mesurer les possibilités de compromis avant les rencontres prévues à New York.
Cependant, les positions restent éloignées. Téhéran demande notamment la fin des attaques américaines et la levée de plusieurs mesures de pression. Washington maintient, de son côté, ses exigences envers l’Iran.
La médiation qatarie devra donc produire davantage qu’un simple maintien du dialogue. Les prochains jours permettront surtout de savoir si Washington et Téhéran privilégient une nouvelle négociation ou poursuivent leur stratégie de pression militaire et économique.
